Des magiciens à l'école


Tourcoing

Des magiciens à l'école

PUBLIÉ LE 27/06/2010 À 00H00

Dans leur école, les élèves de Lecocq, Michelet et Descartes peuvent s'essayer à la magie. Une activité originale, relancée cette année, qui est « loin d'être un gadget » mais apporte beaucoup aux enfants. Elle devrait être pérennisée.

Pendant une heure, ils ont fait léviter des boules, disparaître des pièces de monnaie, retrouvé des cartes, dénoué des cordes...
Et même transpercé un camarade d'une dizaine de sabres ! C'est une standing ovation de leurs camarades qui est venue saluer les deux groupes (CE2 et CM2) de l'atelier découverte de magie à l'école Lecocq, après leur spectacle de fin d'année, vendredi. Toute l'année, en dehors du temps scolaire, ils ont appris à jouer de l'art du passe-passe. Et le résultat est bluffant.


Ces ateliers magie, l'intervenant, Benjamin Caignaert les a débutés « avec trois bouts de ficelle », alors qu'il était artiste indépendant. Aujourd'hui, c'est avec l'association Farfadets et compagnie, qui a remporté le marché des ateliers théâtre, qu'il intervient dix heures par semaine, après la pause déjeuner ou après la classe. Officiellement pour du théâtre mais les écoles volontaires peuvent transformer leurs apprentis comédiens en apprentis bonimenteurs.
Parce que c'est tout l'art de la magie : le « baratin ». « C'est la base : un magicien dit ce qu'il fait mais ne fait pas ce qu'il dit, raconte Benjamin. Comme un pianiste qui joue sur deux partitions. C'est un exercice qui demande à la fois de la technique et cette capacité à raconter des histoires. Certains gamins s'inventent leur propre personnage. » C'est donc « tout sauf un gadget ». La première à le dire, c'est Michèle Chatelain, directrice de l'école Lecocq, au Blanc Seau. C'est dans son ancien établissement, à Michelet, que les premiers ateliers magie sont nés, il y a trois ans. Elle a appuyé leur retour, en septembre, après une pause d'un an et l'assure : « L'an prochain, on continue ! » Même si Benjamin « coupe nos élèves en deux », il leur apprend aussi « la dextérité, la rigueur, le sérieux, à travailler ensemble et s'écouter, à respecter des consignes », liste la directrice. « Ce n'est absolument pas du loisir, d'ailleurs ils le prennent très au sérieux. »
 
« Du spectacle à part entière »
L'intervenant aussi puisque cet autodidacte de 28 ans milite pour « la vulgarisation de la magie. C'est un milieu trop restreint mais je veux montrer qu'il est accessible à tous. Il n'y a pas d'école ou de conservatoire de magie mais c'est du spectacle à part entière ». Qui mériterait selon lui un pôle d'excellence ou en tout cas plus de moyens puisque la discipline est aussi exigeante que gourmande en matériel.
La Ville pense suivre (lire ci-dessous) et la pérennisation de cette activité semble être en bonne voie. Les marchés des ateliers découverte seront réattribués aux associations en septembre 2011 et Benjamin prépare actuellement un projet pour obtenir le même volume horaire (dix heures) que les ateliers théâtre. En attendant, il proposera deux stages d'été, selon les âges, du 2 au 8 août ou du 10 au 14 août, au siège de Farfadets et compagnie (91 rue d'Austerlitz)

Nord Éclair